Comment gèrer le point de coté ?

Sans gravité, oui, mais pas sans conséquence : le point de côté peut suffire à casser un rythme, ruiner une performance ou écourter une séance.

Quelles localisations ?

Le point de côté se situe le plus souvent sur la partie latérale du milieu de l’abdomen, le long du bord antérieur des côtes, mais il peut apparaître dans différentes régions abdominales. Il peut aussi provoquer une douleur projetée vers l’épaule, localisée entre le trapèze supérieur et l’acromion. Cette douleur s’explique par l’innervation du diaphragme et des structures voisines par le nerf phrénique.

Quels symptômes ?

La douleur est généralement localisée. Lorsqu’elle est intense, elle est souvent décrite comme vive, piquante ou en coup de poignard. Lorsqu’elle est plus modérée, elle ressemble plutôt à une crampe, une tension ou un tiraillement. Dans la majorité des cas, elle oblige à diminuer l’intensité de l’exercice, et peut parfois provoquer un arrêt temporaire. Elle n’est pas forcément présente à chaque entraînement.

Quels profils sportifs?

Environ 70 % des coureurs ont déjà expérimenté un point de côté sur la dernière année. Il est plus fréquent chez les jeunes, dès environ 10 ans, et concerne environ un coureur sur cinq en compétition. Il touche surtout les sports avec torsion du tronc en extension : course à pied, natation, équitation et plus rarement cyclisme. Il serait environ 10 fois plus fréquent en course à pied qu’en natation. Les athlètes très entraînés semblent moins touchés, sans être immunisés à 100%. La distance ou la durée de course ne semblent pas modifier clairement son incidence. 

D’où viennent les points de côté ?

Le point de côté n’a probablement pas une seule origine. Plusieurs mécanismes ont été proposés : une ischémie du diaphragme provoquée par l’effort, tension sur les ligaments qui soutiennent les viscères ou encore irritation digestive liée à l’ischémie ou à la distension après avoir mangé ou bu.  Aujourd’hui, l’hypothèse la plus cohérente semble être celle d’une irritation ou augmentation des frictions du péritoine, une fine membrane qui tapisse la paroi abdominale. Ces frictions pourraient augmenter lorsque l’estomac est distendu après un repas ou une boisson. Cette hypothèse explique aussi la localisation variable de la douleur dans l’abdomen, ainsi que les douleurs projetées à l’épaule via le nerf phrénique. En revanche, l’hypothèse d’une crampe des abdominaux semble peu probable, car les tests ne montrent pas d’augmentation de leur activité pendant un point de côté.

Et si ce n’était pas un point de côté ?

Le plus souvent, le point de côté suit un scénario classique : il apparaît à l’effort, gêne quelques minutes, puis disparaît rapidement. Il faut chercher un autre diagnostic si la douleur est systématique, inhabituelle, persistante ou associée à d’autres symptômes.

Causes possibles à garder en tête :

  • douleurs d’origine lombaires ou thoraciques irradiées ;
  • troubles digestifs lors d’efforts longs ou intenses, avec nausées, vomissements, ballonnements, diarrhées ou encore constipation chronique
  • particularités anatomiques digestives rares. 

Nos conseils pratiques pour gérer ton point de côté quand il est déjà là 

Le point de côté est surtout soulagé par la réduction du mouvement : ralentir, marcher si nécessaire et attendre que la douleur diminue.

Sur le terrain, les stratégies les plus proposées sont :

  • respirer profondément ou modifier temporairement sa respiration habituelle ;
  • appuyer sur la zone douloureuse pour limiter les mouvements des organes abdominaux ;
  • utiliser éventuellement une ceinture compressive autour de la taille.

Les stratégies consistant à se pencher vers l’avant ou à étirer la zone douloureuse sont plus discutables, car les résultats rapportés sont contradictoires.

Nos conseils pour anticiper l’arriver d’un point de côté avant ta session 

Il est recommandé d’éviter les grands volumes de nourriture ou de boisson au moins 2 heures avant l’exercice.

  • Nourriture : Le point de côté semble favorisé par le fait de manger trop proche de l’effort. Ce n’est pas forcément la composition du repas qui compte le plus, mais plutôt le volume consommé et le timing.
  • Boisson : Idem que la nourriture. De plus, les boissons hypertoniques semblent particulièrement impliquées, davantage que l’eau ou les boissons isotoniques, notamment parce qu’elles peuvent ralentir la vidange de l’estomac et perturber l’équilibre chimique au niveau du liquide péritonéal. 
  • On ne sait pas encore clairement si le manque d’échauffement ou un environnement froid jouent un rôle dans l’apparition des symptômes.

Nos conseils pratiques pour diminuer la fréquence de tes points de côté sur le long terme 

  • Gut training : L’entraînement digestif pourrait être utile. En habituant progressivement le corps à courir après avoir consommé des liquides, on pourrait améliorer la tolérance et réduire l’apparition des points de côté.
  • Renforcement des abdominaux : Une meilleure force et une meilleure activation des muscles abdominaux, en particulier du transverse de l’abdomen, pourraient réduire la mobilité du contenu abdominal et donc diminuer les symptômes. Plus les muscles abdominaux sont forts, moins les athlètes rapportent la présence de point de côté. 

Bibliographie
Exercise-Related Transient Abdominal Pain (ETAP) — Darren Morton & Robin Callister, 2014
Exercise-related transient abdominal pain: a case report and review of the literature — Dr. Brad Muir, 2009
The effect of transversus abdominis activation on exercise-related transient abdominal pain — Jason L. Mole, Marie-Louise Bird, James W. Fell, 2014
The endurance athlete’s “stitch”: Etiology and management of exercise-related transient abdominal pain — Roy J. Shephard, 2015

Le point de côté

écrit par Chloé Galerne, kinésithérapeute au Centre FykiSport – mai 2026 Télécharger le pdf