Syndrome RED-S chez les sportifs :

comprendre la carence énergétique qui nuit à la santé et à la performance

Qu’est-ce que le syndrome RED-S ?

Fatigue persistante, blessures à répétition, baisse de performance… Ces signes peuvent cacher un trouble encore trop méconnu : le syndrome RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport).

Ce syndrome apparaît lorsqu’un sportif n’apporte pas assez d’énergie pour couvrir à la fois ses besoins d’entraînement et ceux du fonctionnement normal de l’organisme.

En clair, le corps n’a plus assez de carburant pourtout faire : s’entraîner, récupérer, maintenir un métabolisme sain et rester en bonne santé.

Les causes les plus fréquentes sont :

    • un apport alimentaire insuffisant ;
    • un volume d’entraînement trop élevé ;
    • ou un déséquilibre chronique entre les deux.

Le RED-S touche les femmes et les hommes, mais les femmes sont parfois plus vulnérables en raison de la sensibilité hormonale liée au cycle menstruel.

!!! Le syndrome RED-S n’est pas qu’un simple problème nutritionnel : c’est un déséquilibre énergétique durable qui perturbe l’ensemble du corps etla performance de l’athlète. !!!

Les conséquences du déficit énergétique relatif

Un déficit énergétique prolongé perturbe de nombreux systèmes physiologiques et peut gravement compromettre la santé du sportif :

    • Troubles hormonaux : aménorrhée, baisse de testostérone ;
    • Fatigue chronique et chute de performance ;
    • Fractures de stress et perte de densité osseuse ;
    • Troubles digestifs et inconforts abdominaux ;
    • Affaiblissement immunitaire (maladies plus fréquentes) ;
    • Ralentissement du métabolisme, frilosité, perte de poids rapide ;
    • Troubles cognitifs : baisse de concentration, irritabilité, démotivation ;
    • Anomalies cardiovasculaires : pouls lent, tension basse ;
    • Retard de croissance chez les jeunes athlètes.

Selon le Comité International Olympique (Mountjoy et al., 2018), le RED-S n’est pas qu’un simple problème nutritionnel, mais un déséquilibre systémique affectant la performance, la récupération et la santé globale.

Comment savoir si on souffre du syndrome RED-S ?

La détection du RED-S repose sur plusieurs indicateurs combinés : symptômes physiques, questionnaires spécifiques et suivi pluridisciplinaire.

1. Les signes cliniques à surveiller

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • fatigue persistante ou récupération lente ;
  • blessures de surmenage ou fractures de stress à répétition ;
  • baisse de performance inexpliquée ;
  • troubles du cycle menstruel ou baisse de libido ;
  • densité osseuse diminuée.

https://mcpress.mayoclinic.org/women-health/understanding-relative-energy-deficiency-in-sport-red-s-risks-of-eating-disorders-in-athletes/

!!! Une fatigue chronique, une baisse de performance et des blessures à répétition sont souvent les premiers signes d’un déficit énergétique relatif chez le sportif !!!

2. Les questionnaires de dépistage 

Deux outils sont particulièrement utiles :

    • LEAF-Q (Low Energy Availability in Females Questionnaire)
    • BEDA-Q (Brief Eating Disorder in Athletes Questionnaire)

Ils permettent d’identifier une faible disponibilité énergétique, notamment chez les sportifs d’endurance (Wasserfurth et al., 2025).

3. L’évaluation clinique et énergétique

La mesure précise de la disponibilité énergétique reste complexe, mais le CIO propose un outil de référence : 

    • RED-S CAT2 (Clinical Assessment Tool, Version 2)
      (International Olympic Committee, 2023, https://www.olympics.com).

Il permet d’orienter la décision clinique selon la gravité du déficit énergétique.

4. Examens complémentaires

Un bilan biologique peut révéler des anomalies hormonales (testostérone, oestrogènes, cortisol) ou métaboliques (thyroïde, glycémie, cholestérol).
Cependant, le diagnostic de RED-S reste un diagnostic d’exclusion : il faut éliminer d’autres causes possibles comme le stress chronique, les troubles du sommeil ou certaines pathologies endocriniennes (Jeukendrup et al., 2024).

Comment traiter le syndrome RED-S chez les sportifs ?

La prise en charge du RED-S repose sur une approche pluridisciplinaire centrée sur la restauration d’un équilibre énergétique durable.

1. Rétablir la disponibilité énergétique

C’est la priorité absolue :

    • augmenter les apports alimentaires (nutrition adaptée au volume d’entraînement) ;
    • réduire temporairement la charge d’exercice ;
    • améliorer la récupération et le sommeil.

Le retour à un équilibre physiologique peut prendre plusieurs semaines à plusieurs mois selon la sévérité du déficit (Mountjoy et al., 2018).

2. Suivi médical et nutritionnel

Il est essentiel de :

    • surveiller la composition corporelle et la densité osseuse ;
    • contrôler les marqueurs hormonaux et métaboliques ;
    • détecter les comportements alimentaires à risque.

3. Réhabilitation osseuse et musculo-squelettique

En cas de fracture de stress ou de perte osseuse :

    • mise au repos adaptée ;
    • rééducation progressive avec un kinésithérapeute du sport ;
    • supplémentation ciblée en calcium et vitamine D.

4. Éducation et adaptation de l’entraînement

L’entraîneur et le staff médical doivent ajuster la charge de travail et la récupération.
La clé : instaurer un dialogue ouvert entre athlète, médecin, nutritionniste et kiné.

5. Prévention

    • Sensibiliser les athlètes à la faible disponibilité énergétique ;
    • Promouvoir une alimentation équilibrée et suffisante ;
    • Porter une attention particulière aux sports à contrainte de poids (course à pied, gymnastique, danse, sports esthétiques).

Comme le rappellent Dave & Fisher (2022), la prévention est plus efficace que le traitement : la santé doit toujours primer sur la performance.

!!! La santé doit toujours primer sur la performance : prévenir le RED-S, c’est investir dans la longévité du sportif. !!!

Prévenir et traiter le syndrome RED-S : ce qu’il faut retenir

Le syndrome RED-S est une condition sérieuse, mais entièrement réversible si elle est détectée et gérée précocement.
Une intervention rapide, un encadrement pluridisciplinaire et une rééducation adaptée permettent de retrouver la santé, la performance et le plaisir de s’entraîner.

Références
  • Dave, S. C., & Fisher, M. (2022). Relative energy deficiency in sport (RED-S). Current Problems in Pediatric and Adolescent Health Care, 52(8), 101242. https://doi.org/10.1016/j.cppeds.2022.101242International Olympic Committee. (2023). IOC REDs CAT2: Clinical Assessment Tool Version 2. Lausanne: IOC.
  • Jeukendrup, A. E., Areta, J. L., Van Genechten, L., Langan-Evans, C., Pedlar, C. R., Rodas, G., Sale, C., & Walsh, N. P. (2024). Does relative energy deficiency in sport (RED-S) syndrome exist ? Sports Medicine, 54(11), 2793–2816. https://doi.org/10.1007/s40279-024-02108-y
  • Mountjoy, M., Sundgot-Borgen, J. K., Burke, L. M., Ackerman, K. E., Blauwet, C., Constantini, N., Lebrun, C., Lundy, B., Melin, A. K., Meyer, N. L., Sherman, R. T., Tenforde, A. S., Torstveit, M. K., & Budgett, R. (2018). IOC consensus statement on relative energy deficiency in sport (RED-S): 2018 update. British Journal of Sports Medicine, 52(11), 687–697. https://doi.org/10.1136/bjsports-2018-099193
  • Wasserfurth, P., Halioua, R., Toepffer, D., Lautz, Z., Engel, H., Melin, A. K., Torstveit, M. K., Claussen, M. C., & Koehler, K. (2025). Screening for relative energy deficiency in sport: Detection of clinical indicators in female endurance athletes. Medicine & Science in Sports & Exercise, 57(6), 1257–1265. https://doi.org/10.1249/MSS.0000000000003644

Syndrome RED-s

écrit par Alexandre Delarue – Novembre 2025  Télécharger le pdf